Nous travaillons main dans la main avec nos partenaires afin de conserver la biodiversité au bénéfice de l’être humain et de la nature. Voici quelques partenaires qui ont été une grande source d’inspiration ces dernières années.

Ukie Resende, Fundação Tartaruga, Boavista, Cabo Verde

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Ukie Resende est de ces héros discrets de la conservation dont le parcours est une histoire inspirante de transformation personnelle. En 2010, alors qu’il travaille pour une agence d’écotourisme allemande, son responsable est impressionné par ses connaissances et lui propose d’aider la Fundação Tartaruga pendant la période de ponte des tortues caouannes.

« Un été, je suis allé aider les bénévoles à leur campement sur la plage de Boavista, et cela m’a changé pour toujours. Lorsque j’ai vu une tortue pondre pour la première fois, j’ai été bouleversé. J’ai été envahi d’une paix étonnante… »

Appelez-moi Tortue !

Deux ans plus tard, Ukie travaille à temps plein pour la Fundação Tartaruga. Avec ses collègues, sa mission est de lutter contre le braconnage des tortues caouannes au Cabo Verde – qui menace la troisième plus grande population nicheuse de cette espèce (en danger d’extinction à l’état sauvage). Pour cela, il protège les sites de ponte, forme les gardes, organise les campements et implique les habitants, en leur faisant comprendre qu’avec le tourisme, une tortue est plus précieuse vivante que morte.

« Les enfants reconnaissent le logo sur le camion et crient : « Fundação ! » lorsqu’ils nous voient passer. On m’a même surnommé Tortue ! De plus en plus de gens sont sensibilisés à la conservation de la tortue et l’encouragent. »

Conservationniste et chef d’entreprise

Chargé de gérer les finances et la logistique aux bureaux de la fondation à Boavista, Ukie reconnaît avoir parfois l’impression d’être un chef d’entreprise plutôt qu’un conservationniste. Mais grâce à son expérience et à ses contacts, il arrive à ses fins. Aussi à l’aise avec des responsables gouvernementaux qu’avec des braconniers, Ukie a été particulièrement efficace pour reconstruire les campements après les dommages (évalués à 30 000 dollars) causés par l’ouragan Fred.

Ces dernières années, la mortalité des tortues a considérablement chuté, en grande partie grâce à l’action d’Ukie et de ses collègues de la Fundação, qui sensibilisent et impliquent les communautés – et particulièrement les jeunes, qui s’engagent de plus en plus comme volontaires.

« Ma vie a changé – notamment ma façon de regarder la nature – et ma passion pour les tortues est chaque jour plus forte. En tant que capverdien, je suis fier d’aider mon pays. »

Zeine El Abidine Ould Sidatt, Parc national du Diawling

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« Ma mère a pleuré en me voyant rentrer de mon premier séjour sur le terrain : j’avais la peau brûlée par le soleil, les cheveux en bataille… Elle m’a dit que je ferais mieux de retourner à l’université. Quant à mes amis, ils n’ont pas davantage compris pourquoi je préférais rester dans la boue avec les phacochères plutôt que de gagner correctement ma vie ! »

Mais la passion de Zeine El Abidine Ould Sidatt, conservateur du Parc national du Diawling et coordinateur de la Réserve de biosphère transfrontalière du delta du Sénégal (côté Mauritanie), est plus forte que tout.

Une expérience révélatrice

Alors qu’il est professeur de géographie à l’université de Nouakchott, Zeine El Abidine Ould Sidatt fait une formation sur le terrain dans le Parc du Diawling. Ce séjour changera sa vie. Il découvre les dégâts causés par le barrage de Diama sur le fleuve Sénégal : la disparition des crues saisonnières a transformé la zone en étendue stérile. Il rencontre également Olivier Hamerlynck, en charge du programme de restauration du parc, qui l’embarque en avion pour un comptage d’oiseaux et achève de le convaincre de s’orienter vers l’ornithologie. Après un Master au Burkina Faso, Zeine El Abidine Ould Sidatt est engagé au ministère de l’Environnement, où il devient responsable de la biodiversité, un poste qui lui vaut de participer à de nombreux stages en Europe. En parallèle, le soutien de la Fondation internationale du banc d’Arguin (FIBA) lui permet de se former au baguage des oiseaux en France.

Vivre sa passion

Au lieu de suivre une carrière toute tracée dans la fonction publique à Nouakchott, Zeine El Abidine Ould Sidatt se laisse guider par sa passion pour le travail sur le terrain et accepte un poste de conservateur du Parc national du Diawling. Aujourd’hui, il y passe encore la majeure partie de son temps. Grâce à un programme d’inondations artificielles, il a pu observer la réapparition de formes de vie animales et végétales qui avaient disparu dans le Parc. Il surveille en permanence l’efficacité de ce programme et de ses impacts avec les éleveurs, les pêcheurs et les tisseuses de nattes. Il participe régulièrement aux missions de recherche internationales et a même co-signé un livre sur les oiseaux de Mauritanie. Enfin, il a accompagné la création de la Réserve de biosphère transfrontalière, qui relie les communautés des deux côtés du fleuve Sénégal, et cherche à promouvoir l’esprit des « Parcs pour la paix » – un héritage dont il peut déjà être fier.