Nous travaillons main dans la main avec nos partenaires afin de conserver la biodiversité au bénéfice de l’être humain et de la nature. Voici quelques partenaires qui ont été une grande source d’inspiration ces dernières années.

Dalia Al Jawhary, Société pour la Protection de la Nature, Liban

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Alors que le Moyen-Orient est déchiré par la violence et le sectarisme, la problématique de la gestion durable de l’eau et de la conservation de la nature est un défi que Dalia Al Jawhary, jeune environnementaliste passionnée, a décidé de relever avec la Société pour la protection de la nature (SPNL).

« Vous connaissez peut-être le Liban pour sa guerre et sa violence. Mais ce que moi je retiens de mon pays, c’est la beauté de sa nature et son peuple qui ne baisse jamais les bras. »

Participation et autonomisation

L’engagement sans faille de Dalia avec les agriculteurs, les femmes et les jeunes des himas d’Anjar et de Kfar Zabad, dans la vallée de Bekaa, a changé la donne. Dans cette zone fertile, mais où l’eau est rare, mal partagée et mal utilisée, la réhabilitation, de manière participative et méticuleuse, du hima – un système traditionnel de gestion durable des terres et de l’eau qui signifie « endroit protégé » en arabe – a permis de renouer le lien avec la terre. Des groupes autrefois ignorés ont développé un système collectif de propriété et de responsabilité, devenant ainsi les ambassadeurs d’une meilleure gouvernance environnementale.

« Nous avons réussi à atteindre un grand nombre de personnes désemparées et leur avons permis de s’exprimer. D’abord hésitants, les femmes et les jeunes sont désormais convaincus et sont les piliers du consensus et de la compréhension des vraies valeurs de nos ressources naturelles. »

La terre rêvée de l’enfance, une responsabilité partagée

Enfant, Dalia habitait un village entouré d’oliviers et de noyers dans les environs de Beyrouth. La tragédie d’une vieille femme, qui cultivait un champ d’oliviers où elle avait l’habitude de jouer, l’a profondément marquée.

« La nature était tout pour elle – jusqu’à ce que son fils vende le terrain à des fins immobilières. Il lui a pris sa terre chérie. J’ai vu une femme dévastée – et c’est là que j’ai perdu une partie de mon enfance. Je crois que cela explique ce que je fais aujourd’hui, en tant que femme et militante de l’environnement. »

Certes, il n’est pas facile de travailler dans un pays miné par les luttes de pouvoir dans des communautés traditionnelles où seuls les hommes décident, mais Dalia a pour elle la science, l’espoir et l’énergie de la jeunesse. Elle incarne le professionnalisme et la résilience, si essentiels pour le futur de la région.

« Mon devoir est de faire naître chez chaque Libanais un sens des responsabilités envers la nature, et d’assurer les moyens d’existence et les rêves de tous nos enfants. »

Houssine Nibani, Association de Gestion Intégrée des Ressources (AGIR), Maroc

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Houssine Nibani, professeur de biologie et président fondateur d’AGIR, est un pionnier en matière de conservation. Après l’obtention de son diplôme en 1987, il s’installe dans la ville côtière d’Al Hoceima, dans le nord du Maroc, où il s’engage comme bénévole à American Peace Corps. Précurseur, il travaille notamment à la conservation du balbuzard pêcheur dans ce qui est maintenant le Parc national d’Al Hoceima.

« Lorsque j’ai commencé avec Peace Corps, la Conférence de Rio n’avait pas encore eu lieu. Personne au Maroc ne savait ce qu’était la conservation. Aujourd’hui, les choses ont bien changé, et je ne suis plus tout seul ! »

La sagesse d’une grand-mère

Petit, Houssine passait ses vacances en bord de mer, dans la baie de Bouznika près de Casablanca. Mais c’est au contact de sa grand-mère, pour qui les plantes marocaines n’avaient aucun secret, que commence sa véritable relation avec la nature.

« Ma grand-mère n’est jamais allée à l’école, pourtant elle en savait bien plus que la plupart des professeurs d’université ! Elle comprenait la nature, et m’a appris à voir les conséquences de tout ce que je faisais. »

Une expérience à reproduire

En 2008, Houssine créé AGIR, pour favoriser la conservation de la côte méditerranéenne du Maroc tout en continuant à enseigner. A Al Hoceima, à travers l’organisation d’ateliers participatifs avec les pêcheurs, la mise en place de coopératives de femmes, et l’amélioration du zonage des activités en mer, il  a aidé la communauté de pêcheurs artisanaux à devenir une véritable force au bénéfice de la conservation.

Aujourd’hui, le Parc national d’Al Hoceima, autrefois gangrené par la pêche illégale et l’intrusion de chalutiers, est entré dans une nouvelle ère. Le balbuzard pêcheur revit, la pêche à la dynamite a cessé et les pêcheurs vivent mieux de leur travail. Il ne reste plus dorénavant au ministère des Pêches qu’à reproduire l’approche d’AGIR sur toute la côte méditerranéenne…

La recette du succès

L’aptitude d’Houssine à susciter le changement est reconnue lorsqu’AGIR remporte en 2005 le Prix Hassan II pour l’environnement – une consécration majeure à l’échelle nationale. La reconnaissance internationale vient en 2014 lorsqu’AGIR remporte le Prix Équateur des Nations Unies pour la gestion des ressources marines et côtières.

« AGIR est une petite organisation, ce qui prouve qu’il n’est pas indispensable de réaliser de gros projets et d’avoir beaucoup d’argent : l’important est de travailler avec les bonnes personnes. Les pêcheurs comprennent la nature, et nous trouvons ensemble des solutions en faveur de la conservation. »